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Rencontre avec Landry Ouedraogo, doctorant en médecine et étoile de la cuvée de 2011

Depuis son jeune âge, Landry a toujours incarné cette génération de jeunes leaders dont tout pays rêve de par son engagement associatif, ses grandes ambitions et ses convictions. Pour lui, rien n’est impossible. Comme il se décrit lui-même, oser est sa seconde nature et il n’a jamais cessé d’oser quand il s’agit d’impacter positivement sa communauté.

Aujourd’hui, dans un cœur-à-cœur, il nous dévoile son parcours très inspirant depuis ses débuts à la maternelle jusqu’à la faculté de médecine en passant par ses différentes expériences associatives nationales et internationales.

Association des Tableaux d’Honneur (ATH) : Pouvez-vous vous présenter ?

Landry Wendpouiré Ouedraogo (LWO) : je suis  Landry Wendpouiré Ouedraogo, étoile de la Cuvée 2011, Doctorant en Médecine.

ATH : Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire, académique et Parascolaire ?

LWO : Le parcours scolaire a débuté à Ouagadougou par la maternelle en 1999. J’ai ensuite fait une partie de mon primaire à l’école Catholique de Gom-Boussougou. De là, j’ai été à Manga. J’ai fréquenté le Lycée Municipal de Manga. C’est dans ce lycée que j’ai eu l’opportunité de participer à l’émission Tableau d’honneur (TH) après avoir obtenu mon BEPC. Puis, en classe de 1ère, j’ai remporté le concours d’excellence régional en Anglais puis en Français.  Après le BAC, j’ai entamé mes études en Faculté de Médecine à l’Université Joseph Ki Zerbo.

Pour ce qui est du parcours parascolaire, il a débuté depuis la classe de 5eme avec le Parlement des enfants dont j’étais le président pour la Région du Centre-Sud. Depuis, j’ai fait le tour de plein de structures associatives jusqu’à la plus récente : l’Association des Etudiants en Médecine du Burkina Faso. Au sein de celle-ci, j’ai occupé plusieurs fonctions et aujourd’hui j’en suis le Président au niveau de l’université Joseph KI ZERBO.

J’ai beaucoup apprécié mon parcours au sein de cette association. Elle est de loin, l’une de mes expériences les plus enrichissantes en termes de formation personnelle et en matière d’engagement social : l’action, les activités menées sur le terrain, les sensibilisations, les campagnes de dépistage, les dons, les conférences et formations ; tout ceci dans un esprit de bénévolat.

Vous n’imaginez pas la joie que j’avais à chaque fois que je participais à chacune de ces activités. Savoir que j’ai contribué à l’amélioration des conditions de santé et au bien-être de ma société, aussi banale et anodin que cela puisse être, était le leitmotiv de mon engagement. Et je crois bien que ce parcours dans le domaine du social n’est pas encore totalement accompli. J’ai encore beaucoup de choses que j’aimerais accomplir avant de quitter la sphère associative.

Une autre expérience qui a eu un grand impact sur ma personne, et à laquelle je dois mon essor en matière de leadership fut le YALI/RLC (Young African Leaders Initiative/ Regional Leadership Center of Accra), qui est un programme de leadership financé par l’USAID et la Fondation Mastercard, et dont j’ai été bénéficiaire. Ce programme a sonné fort en moi.

Plus tard, après la médecine, je prévois poursuivre mes études en santé publique puis en recherche. Tout dépendra de l’opportunité. Santé publique, pour soigner non pas une personne par jour mais plutôt des centaines par jour. Par santé publique j’entends : politiques de santé durables, système de santé efficace, accessibilité, équité et qualité des prestations de soins. Sans oublier que je m’intéresse beaucoup à la politique et aux questions de développement.

ATH : Vous êtes membres fondateurs du Standing Committee on Medical Education (SCOME) et actuellement responsable de la zone Afrique ? Parlez-nous de cette association.

LWO : Non pas membre fondateur. Le SCOME est un comité de la Fédération Internationale des Structures associatives médicales du monde entier (International Fédération of Medical Student Association). Elle regroupe une communauté de plus de 1.3 Million d’étudiants dans plus de 130 pays à travers le monde. Elle est reconnue par le Système des Nations Unies et l’OMS qui d’ailleurs lui permet de prendre part à ses assises décisionnelles en matière de Santé. Et j’ai actuellement le privilège d’assurer la fonction de responsable du comité au niveau de l’Afrique et cela depuis Octobre dernier. Une position qui m’amène à travailler avec de jeunes acteurs de développement du domaine de la santé dans les autres pays africains.

ATH : Quelle est la contribution du SCOME dans ta formation de médecin ?

LWO : Cette immersion d’abord dans l’association, puis au niveau de la fédération internationale a beaucoup impacté le cours de ma vie. L’expérience obtenue en matière de gestion d’équipes et de projets est une richesse qui fait de moi une personne nettement meilleure que le “Petit intello” de classe que j’étais. Aujourd’hui je suis impliqué dans des projets d’envergure internationale, des projets de plaidoirie et de “policies” dont je n’aurais peut-être jamais rêvé. Par le biais de la fédération, je suis également formateur international certifié en Éducation Médicale. Je suis également un Alumnis de la deuxième cohorte de la “UNESCO Chair Bioethics Haifa Courses”. Et tout ceci, c’est sans parler de l’immense opportunité d’explorer la sphère internationale, les grandes conférences et tout le reste. Alors oui, la contribution du SCOME dans ma formation de médecin est assez flagrante, elle fera de moi un médecin nettement au-dessus du médecin standard parce que justement j’apprends des choses qui ne s’apprennent pas en faculté de médecine.

Landry Ouedraogo

Savoir que j’ai contribué à l’amélioration des conditions de santé et au bien-être de ma société, aussi banale et anodin que cela puisse être, était le leitmotiv de mon engagement. Et je crois bien que ce parcours dans le domaine du social n’est pas encore totalement accompli. J’ai encore beaucoup de choses que j’aimerais accomplir avant de quitter la sphère associative.

ATH : Nous avons remarqué que vous avez une excellente maîtrise de la langue de Shakespeare. Comment êtes-vous parvenu à réaliser une telle performance ?

LWO : Je dirais plutôt que je ne m’en sors pas mal. Déjà ce qu’il faut retenir, c’est que mon intérêt pour la langue anglaise remonte à mon primaire. Je me rappelle encore des significations des quelques mots que je prenais avec un aîné qui était déjà au Collège. Et Si j’ai atteint ce niveau, c’est parce que j’ai été engagé tout au long du processus. J’aimais la langue, c’était largement suffisant. Et le plus drôle dans cette histoire, c’est que je n’ai jamais été dans un centre de formation en langue anglaise.

Ces dernières années, mon niveau a connu une amélioration conséquente grâce à mon implication et à mon immersion totale dans les affaires de la fédération (IFMSA) ; être en contact avec des anglophones de façon permanente, à tenir des réunions en ligne à longueur de journées ne pouvaient que me contraindre à m’adapter et à me familiariser à la langue.

ATH : Parlez-nous de votre expérience TH, que retenez-vous de cette émission de promotion de l’excellence ?

LWO : Magnifique…Des moments de gloire et de joie que de simples mots ne sauraient fidèlement décrire. Une des autres choses que je retiens de mon contact avec les autres étoiles, c’est qu’il y a toujours meilleur que soi et que l’on doit être dans une dynamique d’apprentissage continu. Le monde appartient à ceux qui se cultivent, et mettent constamment leurs connaissances à jour. « Knowledge is Power »

Aussi, j’ai l’habitude de le dire : Les étoiles doivent se mettre à l’évidence qu’elles ne sont pas des personnes ordinaires. Loin de moi l’idée de nous inciter à un excès de zèle, mais l’on n’est pas « étoile » juste pour le titre. Nous avons le devoir de nous démarquer par les actions que nous menons, par l’impact que nous avons au sein de nos sociétés. Être Étoile, c’est d’abord une responsabilité à mon avis. Le bagage intellectuel que nous portons doit contribuer à améliorer le vécu des populations que nous servons. Par ailleurs, pour ce qui est de notre grande et superbe famille ATH, j’ai foi qu’elle trouvera très vite sa place dans le monde associatif et de l’engagement social.

Dans un avenir proche, l’ATH se doit d’être cette structure associative ou même cette ONG, très influente dans le domaine éducatif au Burkina Faso. Notre association a un grand atout qu’aucun de nous ne pourrait nier : La diversité de compétences qu’elle a en son sein.

Landry Ouedraogo, Tableau d’honneur 2011

ATH : Directeur Général de l’OMS, comment cela résonne en vous ?

LWO : Directeur Général de l’OMS, je n’en rêvais pas moins. Bien évidemment c’est l’un des objectifs que je me suis fixé depuis fort longtemps. Cela pourrait paraître trop osé ; mais oser c’est justement ma seconde nature. Aussi travailler dans une organisation internationale comme l’OMS et participer à l’établissement des politiques de santé universelle est l’opportunité rêvée de pouvoir impacter la vie des gens à l’échelle mondiale.

ATH : Avez-vous un projet pour le Burkina Faso ? Si oui est-il possible d’avoir un avant-goût du projet ?

LWO : Des projets pour le Burkina Faso, j’en ai une tonne. L’un d’entre eux qui me tient vraiment à cœur est celui que j’ai élaboré autour du Civisme et du patriotisme. Le Programme National du Civisme. Ce programme est en gestation depuis mon retour du YALI, et même s’il n’a toujours pas encore été finalisé, j’ai la ferme conviction qu’il sera l’un des accomplissements dont je serai le plus fier. Ce programme vient en réponse à l’accroissement récent de l’incivisme, et cela au niveau de toutes les couches (enfants, jeunes, adultes, vieux, hommes et femmes, etc). Il sera surtout axé sur les enfants et jeunes, avec un espoir de briser la roue avant que la tare ne gangrène et n’atteigne un niveau irréversible (parce que justement à partir d’un certain âge le changement de comportements et d’habitudes est scientifiquement difficile voire impossible quels que soient les efforts menés). Ce sera un Programme continu et qui concerne toute l’étendue du territoire. Et j’entreprends associer des structures de jeunes à l’initiative. Pour les détails, ils viendront en temps opportun.

ATH : Quel est votre plus grand rêve actuellement ?

LWO : Mon plus grand rêve, je crois que je l’ai déjà émis plus haut, même si je ne l’ai pas évoqué de façon claire. Néanmoins je le redis “je suis beaucoup intéressé par la politique.” (Rires)

ATH : Quels conseils avez-vous pour la jeunesse burkinabé, les élèves et les étudiants en particulier ?

LWO : Ce serait un peu trop prétentieux de ma part de supposer donner des conseils à mes jeunes camarades. Je lance plutôt un appel, un appel à l’éveil. L’avenir ne se construit pas demain, le succès ne se construit pas non plus en un jour. C’est un processus.

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