Le métier de facilitateur d’innovations et d’accompagnateur d’aspirants entrepreneurs

Facilitateur d’innovations, Serge Diasso, économiste de formation, accompagne les entrepreneurs et les organisations avec des outils et méthodes pour les guider jusqu’au lancement de leurs produits ou services en vue de maximiser leurs chances de réussite.

Partage d’expérience, parcours, choix de formation, conseils de grand frère, il nous dit tout ce qu’il faut pour bien s’orienter.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour, peux-tu te présenter ? 

Serge Diasso (SD) : Bonjour, je me nomme Serge Diasso, je suis facilitateur d’innovations et accompagnateur d’aspirants entrepreneurs et d’entrepreneurs. 

LeGF : Qu’est-ce qu’un facilitateur d’innovations et accompagnateur d’entrepreneurs ?

SD : Un facilitateur d’innovations est un accompagnateur d’innovations qui utilise des méthodes et des outils pour accompagner ou faciliter plusieurs acteurs dans un processus d’innovation. Il aide les entrepreneurs, les organismes, les citoyens ainsi que tous ceux qui veulent impacter leur communauté ou environnement à innover dans les produits ou services qu’ils lancent et dans leurs procédés de travail. Quant à l’accompagnateur d’entrepreneurs ou d’aspirants entrepreneurs, c’est celui qui fait le parcours d’entrepreneuriat avec l’aspirant entrepreneur afin de l’aider à mettre en place son idée jusqu’au lancement de son produit ou de son service. Il le met donc en relation avec les ressources humaines qu’il faut, il l’aide à bâtir une bonne idée de projet et à réaliser un certain nombre de tâches en vue de maximiser les chances de réussite du business et d’éviter les échecs prévisibles.

LeGF : Quel est ton parcours de formation ? 

SD : J’ai un parcours en économie et gestion et une Licence en analyse économique. En ce qui concerne les métiers de facilitateur d’innovations et d’accompagnateur d’aspirants entrepreneurs et d’entrepreneurs, on ne les apprend pas dans le cursus classique. C’est plutôt à travers surtout à travers l’expérience, le vécu d’entrepreneur et aussi à travers des formations spécifiques qui sont faites par des structures spécialisées dans le domaine. Ces formations vous certifient et vous permettent d’acquérir un certain nombre de connaissances, d’outils, de méthodes et de compétences pour exercer professionnellement. Ce sont des métiers qui demandent une mise en pratique des compétences afin d’acquérir de l’expérience pour accompagner les entrepreneurs et un certain nombre d’acteurs dans ce processus d’innovations. Le métier de facilitateur d’innovations et le métier d’accompagnateur d’aspirants entrepreneurs et d’entrepreneurs sont intimement liés et c’est toute une boîte à méthode qui permet d’exercer l’un ou l’autre.

Le GF : Quels sont les débouchés possibles aussi bien en tant qu’analyste économique, facilitateur d’innovation ou accompagnateur d’aspirants entrepreneurs ? 

SD : En analyse économique, vous avez la possibilité d’être un conseiller économique au sein d ‘une entreprise ou d’un ministère. Mais il est difficile de dire aux plus jeunes qu’il y a de la place pour tous dans ce domaine vu que la demande dépasse l’offre en termes d’emploi.

Pour ce qui concerne le métier de facilitateur d’innovations, il y a un très grand besoin, car de nos jours, on parle d’innovations dans tous les domaines aussi bien au niveau des entreprises, des structures institutionnelles ou tout autre entité. Tout le monde veut innover et il faut des personnes qualifiées pour aider à mettre en place le processus d’innovation.

Pour l’accompagnement à l’entrepreneuriat, il y a également une demande à ce niveau et de la place à se faire. Beaucoup de personnes entreprennent aujourd’hui sans forcément avoir toutes les clés. Afin de réduire grandement les chances d’échecs et d’accroître considérablement les chances de réussite, il est toujours bien de se faire accompagner.

Le GF : Comment as-tu choisi ta formation ? 

SD : Au départ, je souhaitais entamer des études en économie agricole vu que j’entreprenais déjà dans le domaine agricole, mais je n’ai pas pu le faire. Finalement, j’ai choisi des études en économie et en gestion et c’est un choix qui a été influencé par une concertation en famille qui a jugé qu’il était bon pour moi d’étudier les sciences économiques et de gestion, surtout que j’avais un Bac D.

 

LeGF : Qu’est ce que la Licence en analyse économique ?

SD : La Licence en analyse économique fait partie de la filière sciences économiques et de gestion. C’est un diplôme axé sur l’analyse des données économiques afin de faire des propositions aux autorités. Concrètement, on y apprend des méthodes qui permettent d’aller sur le terrain pour faire des enquêtes, récolter des données, les analyser et en déduire des hypothèses économiques. Ces hypothèses permettront de comprendre les causes d’un problème économique et de formuler des solutions ou recommandations à l’autorité compétente pour qu’elle puisse résoudre le problème. Il faut noter que nous avons appris quelques techniques de recherches d’informations terrain, nous avons été initiés à l’usage de logiciels d’analyses statistiques, mais c’était plus de la théorie que de la pratique. 

LeGF : Quelle a été ton expérience de formation dans une école privée ?

SD : J’ai eu la chance de faire ma formation dans une université privée et j’ai eu une assez bonne expérience. Les effectifs étaient mesurés, les professeurs étaient accessibles et il y avait beaucoup d’entraide entre les étudiants. L’interaction avec les professeurs nous aidait à mieux comprendre les cours et à mieux se préparer pour les examens d’évaluation. Concernant le contenu des cours, il n’y avait pas une très grande différence par rapport aux autres établissements. On faisait beaucoup de théorie, ce qui fait que l’on ne voyait pas immédiatement la plus-value de ce qu’on apprenait. Le piège ici, c’est que le manque de volonté peut conduire facilement à s’orienter dans d’autres domaines parce que c’est comme si on venait juste apprendre des choses pour avoir des notes qui ne nous serviraient pas à la fin.

LeGF : Quelle a été ton expérience de formation dans une école publique ?.

SD : J’ai commencé ma formation académique dans une université publique à Ouagadougou, ensuite, je suis allée à Koudougou. Les maux qui existent dans le public au Burkina sont surtout l’effectif, le manque d’infrastructures, le retard, le manque de temps des professeurs qui font des vacations dans le privé. Au regard de tout cela, l’environnement n’est pas forcément idéal. Mais j’ai quand même apprécié la vie sociale là-bas parce que lorsque la vie est difficile, les gens apprennent à s’entraider. Cependant, au niveau du contenu de la formation délivrée, je suis resté sur ma faim.

LeGF : Quelle a été ton expérience de formation à Koudougou ?

SD : Ayant effectué une grande partie de mon cursus à Koudougou, je retiens que c’est une belle ville. Elle n’est pas très grande, mais elle offre un cadre assez propice pour les études. On est un peu dépaysé quand on est habitué à une grande ville, mais comme il n’y a pas autant d’activités de divertissement qu’à Ouagadougou par exemple, on se concentre mieux sur les études. De plus, les distances à Koudougou sont moins grandes, ce qui nous permettait d’économiser sur le carburant. Vu qu’entre étudiants, nous vivions en colocation, la vie sociale était intéressante.  

LeGF : Quels sont tes conseils pour le choix d’une formation ? 

SD : Pour faire le bon choix de formation, il est bon d’avoir d’abord un projet professionnel. Il faut savoir ce qu’on veut faire dans la vie et ce qu’on veut devenir et en fonction de tout cela, vous pourrez choisir votre formation, votre parcours et exercer votre métier de rêve. Il faut aussi apprendre à “apprendre” quel que soit le domaine dans lequel on est et aussi apprendre à se former parallèlement à travers internet notamment pour acquérir plus de compétence et ne pas seulement s’en tenir aux cours reçus en classe.

LeGF : Quels sont tes conseils pour le choix d’une école ?

SD : Pour choisir son école, je dirai qu’il faut tenir compte des résultats antérieurs de cette école. Que ce soit une école d’ici ou d’ailleurs, il faut voir si les formations proposées sont adaptées à son projet professionnel et voir si l’école à un accompagnement à travers des partenariats signés avec des entreprises pour une bonne insertion socio-professionnelle de l’étudiant. Il faut prendre le temps de faire une comparaison et voir ceux qui accompagnent afin d’avoir plus d’opportunités en termes d’emploi.

LeGF : Quel est ton mot de fin ?

SD : Si vous êtes à la recherche de bonnes informations sur votre formation académique, votre orientation professionnelle, visitez la plateforme “Le Grand Frère”. Vous y retrouverez des partages d’expériences, différents parcours et conseils pour faire le bon choix d’orientation.

Serge Diasso et Josias Diendere

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