Connexion

Le génie civil et la géotechnique avec Lucien Tonde

L’ingénierie en Génie civil consiste en l’étude, la planification et la coordination des différentes équipes pour l’exécution des travaux d’ouvrage publics. Avec Lucien Tonde, nous découvrons le métier d’ingénieur en génie civil et géotechnique.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour, peux-tu te présenter ?
Lucien Tonde (LT) : Bonjour, je suis Lucien Tonde, ingénieur en génie civil et géotechnique.

LeGF : Qu’est ce qu’un ingénieur en génie civil et en géotechnique ?
LT : Le métier d’ingénieur en génie civil consiste en l’étude, la planification et la coordination des différentes équipes pour l’exécution de différents travaux d’ouvrage et d’infrastructures.
Le métier d’ingénieur géotechnique quant à lui, est une spécialisation de l’ingénierie génie civil. C’est aussi un métier de sécurité publique qui s’occupe essentiellement de l’étude des sols et de l’adaptation des ouvrages humains au sol. C’est avant tout un métier qui s’exerce sur le terrain avec les investigations, ensuite en laboratoire puis au bureau pour la conception et l’étude des différents ouvrages. D’aucuns la définisse comme l’ingénierie située entre les domaines de compétence de la géologie, la mécanique des sols, la mécanique des roches et de la mécanique des structures.

LeGF : En quoi la géotechnique est importante pour la société ?
LT : La géotechnique occupe une place non négligeable dans la réalisation de tout ouvrage au sol. Et ce, que ce soit en mine, en bâtiment ou tout ce qui est voirie et autres travaux publics. C’est un métier humble parce qu’on ne voit pas le géotechnicien.
Grâce à la géotechnique par exemple, on arrive à maîtriser les risques d’effondrement qui peuvent avoir des causes multiples (mauvais calcul des structures, mauvais choix des matériaux de construction). Elle est donc importante car elle assure dans un certain sens notre sécurité en permettant de s’assurer de la qualité du sol et de l’adaptabilité de l’ouvrage au sol.

LeGF : Qu’est ce que le génie civil ?
LT : Le génie civil regroupe plusieurs spécialités : la topographie, le bâtiment et les travaux publics, les mines et les carrières, la gestion et la maîtrise de l’eau pour ne citer que ceux-là. Ce qui fait que l’ingénieur en génie civil est un ingénieur polyvalent. Il touche à tous les domaines d’exécution des ouvrages civils, que ce soit le bâtiment, les travaux publics et même l’étude environnementale. Dans le cadre de son travail, il s’occupe notamment de la coordination, de la planification et de la bonne exécution des différents ouvrages qui lui sont confiés.

LeGF : Comment peut-on définir la géotechnique ?
LT : Dans la géotechnique on entend “geo” qui signifie terre et technique. On pourrait donc définir encore la géotechnique comme étant tout simplement l’ingénierie de la terre. L’ingénierie géotechnique apporte un grand nombre d’informations au maître d’ouvrage et permet à ce dernier de maîtriser le risque de son investissement dans la construction. Il est dès le départ présent dans la conception, dans l’étude, dans l’exécution, et même après l’exécution des travaux. Il est chargé de veiller à la qualité des différents matériaux et du sol et s’assure que les informations données par le laboratoire sur le sol sont vraies et qu’il n’y a pas de problème sur les fondations.

LeGF : Quels sont les débouchés de cette spécialisation du génie civil qu’est la géotechnique ?
LT : La géotechnique est l’une des branches de l’ingénierie qui a le plus de débouchés. Le travail du géotechnicien c’est de maîtriser le risque de l’activité humaine sur le sol. Le sol est comme une carte mémoire qui enregistre tout ce que l’être humain fait. En termes de modélisation des sols on parle de l’éternel mémoire du sol. Et tous les domaines qui se reposent ou qui ont besoin de s’appuyer sur le sol, le géotechnicien peut y intervenir. Le premier domaine qui s’ouvre au géotechnicien, c’est celui des routes qui est même son domaine de prédilection. Ensuite, il y a les bâtiments, où il intervient au niveau des fondations. On le retrouve également en mine en tant que mécanicien de roche et où il étudie le risque d’effondrement en essayant de la minimiser à 0 %. Dans le secteur de l’environnement, le géotechnicien se retrouve sous l’appellation de bio-environnementaliste. Il étudie dans ce cadre de travail, l’effet que peut avoir certains polluants chimiques utilisés par les industries sur la nappe souterraine. Dans tout ce qui se rapporte à l’écoulement souterrain, la ressource en eau, les forages, le géotechnicien peut intervenir également en tant que hydrogéologue et dans ce cadre son rôle est de  maîtriser les différents débits et calcul de débits.

 

LeGF : Comment s’est fait ton choix de formation ?
LT : Mon choix de devenir ingénieur m’est apparu depuis le secondaire. En observant certains ouvrages en cours d’exécution dans la ville de Ouagadougou, notamment les trois échangeurs celui de l’Ouest, de l’Est et de Ouaga 2000 j’ai été impressionné par la taille des chantiers. Je me suis posé la question de savoir comment arriver à travailler sur ce type de chantier gigantesque. C’est ainsi que je me suis rapproché des professionnels et d’aînés du métier qui m’ont apporté leurs conseils. Ainsi depuis la seconde, j’ai commencé à me préparer à ces futures études d’ingénieurs en travaillant beaucoup dans les matières scientifiques pour qu’au sortir du Bac l’entrée en école d’ingénieur puisse se faire.

LeGF : A quoi correspond la Licence en génie civil ?
LT : Dans le domaine de l’ingénierie, la Licence correspond à un diplôme d’ingénieur des travaux. On l’obtient au bout de trois ans d’études dans une formation professionnalisante. Au sortir de ces 3 ans de formation, on est technicien en génie civil. En cycle de technicien, c’est un diplôme qui a de la valeur. La licence permet de rentrer en première année d’ingénierie et d’entamer peut-être un Bac+5 pour obtenir un Master.

LeGF : Qu’est ce que le Master dans le domaine du génie civil ?
LT : Le Master équivaut à deux années d’études après la Licence. Ces deux années d’études se scindent en deux classes : le Master 1 qu’on appelle couramment le M1 et le Master 2 qu’on appelle le M2. Le Master en formation professionnalisante en ingénierie est la classe où les élèves ingénieurs obtiennent toutes les informations nécessaires à l’exercice de leur métier et se spécialisent. Le Master 2 lui, est plus comme une formalité, une mise à l’évidence des connaissances acquises au cours de ces cinq dernières années ou au cours du cycle d’ingénieur.

LeGF: Pourquoi as tu opté pour des cours du jour ?
LT : Le choix des cours du jour est un choix orienté par la possibilité de pouvoir disposer de plus de temps. En formation professionnalisante, les connaissances délivrées à l’école ne suffisent pas. L’étudiant doit compléter sa formation en faisant des recherches personnelles. L’avantage d’opter pour ce mode de cours c’est que vous avez toute la largesse nécessaire pour faire des recherches et apprendre encore plus au-delà des cours en classe.

LeGF : Pourquoi avoir opté pour un établissement privé plutôt qu’un établissement public ?
LT : Après l’obtention du Baccalauréat, les portes de l’université nous étaient ouvertes que ce soit dans un établissement privé ou public. Personnellement, le choix ne s’est pas fait pour l’école publique parce que je n’avais pas la permission parentale de faire autrement. Mon choix d’école s’est donc dirigé vers un établissement privé de la place.

LeGF : Quelle a été ton expérience des études au Sénégal ?
LT : Pour un étudiant burkinabè qui se retrouve au Sénégal pour la première fois, ce n’est pas simple. La vie et les habitudes ne sont pas pareil, il faut s’adapter et l’adaptation doit être d’autant plus rapide. On ne mesure pas la difficulté de prime abord. Et quand on quitte sa patrie, il faut savoir en être un bon ambassadeur, bien se comporter, être socialement présent dans sa communauté et dans celle qui nous accueille, être à l’écoute des autres. Il ne faut surtout pas perdre de vue son projet d’étude et rester concentrer dessus.

LeGF : Quels sont tes conseils pour quiconque désire entreprendre des études dans l’ingénierie ?
LT : Pour entamer une formation dans l’ingénierie, il faut avoir de solides aptitudes en sciences physiques, en mathématiques ainsi qu’en sciences de la vie et de la terre. Il faut aussi s’armer de beaucoup de détermination et avoir une volonté de recherche et du travail bien fait. Entamer des études d’ingénierie n’a jamais été chose aisée. Ce sont des études assez exigeantes qui demandent de la discipline dans le travail, dans le savoir être et vivre avec les autres. Il est important de savoir dès le départ l’orientation, la direction que l’on souhaite prendre et travailler à ce que les gens puissent le comprendre.

LeGF : quel serait ton dernier mot ?
LT : J’aimerais traduire toute ma reconnaissance à la plateforme Le Grand Frère. Vous y trouverez toutes les informations relatives à l’orientation scolaire et professionnelle. Je vous invite d’ailleurs à visiter la plate-forme et à découvrir des partages d’expériences qui sans doutes vous inspireront. Mon dernier conseil serait celui ci : avoir l’occasion de faire des études, d’aller à l’université de surcroît dans une université privée au Burkina Faso ou à l’extérieur est une opportunité qui n’est pas accessible à tous. Mettez du sérieux dans vos études pour que l’investissement et la confiance que vos parents ont placés en vous soient productif pour vous d’abord, pour les parents ensuite et pour la société. Travaillez, ayez de la détermination dans tout ce que vous entreprenez et je vous souhaite beaucoup de courage.

Partagez !

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Découvrez aussi...

  • Assez belle présentation de la géotechnique. Je conseille aux étudiants d’aller à la découverte de ce noble et humble profession pour plus de débouché et d’opportunités dans la vie

  • Je suis toujours intéressé par le cycle d’ingénieur , c’est un domaine qui m’à été inspiré depuis le bas âge . Pour moi être un bon entrepreneur c’est de travailler sûrement sur le territoire Burkinabé . Contruire c’est d’être conscient et fidèle à son pays.

    • Bonjour Idrissa Sawadogo,
      Merci pour l’intérêt porté à cet article. Nous espérons qu’il confortera davantage le choix de votre domaine de formation. N’hesitez pas à partager l’article à votre entourage et à leur faire découvrir la plateforme. Bon courage pour vos études.
      Bien à vous.

    • Bonjour saloni singh,
      Merci pour l’intérêt porté à ce partage d’experience, n’hésitez pas à le partager autour de vous.

  • Découvrez notre offre de formations