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La gestion et la valorisation du patrimoine culturel avec Thomas Ouedraogo

Président de l’association Mouvement Culture et Action, Wendyam Thomas d’Aquin Ouédraogo, spécialiste du patrimoine culturel nous fait découvrir la valorisation du patrimoine culturel, partage son parcours académique et professionnel ainsi que ses conseils d’aîné pour réussir orientation scolaire et professionnelle.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour, peux-tu te présenter ?

TO (Thomas d’Aquin Ouédraogo) : Bonjour je me nomme Ouédraogo Wendyam Thomas d’Aquin, je suis président du mouvement culture et action, une association qui évolue dans le domaine de la valorisation du patrimoine et des expressions culturelles.

LeGF : Qu’est ce que le Mouvement Culture et Action ?

TO : Le Mouvement Culture et Action est une association qui a pour cheval de bataille la culture, le patrimoine culturel et les expressions culturelles. Un de nos grands projets c’est “Les Débats Oratoires”. C’est un concours national au niveau universitaire et secondaire que l’association coproduit avec la télévision et dont l’objectif est de promouvoir l’art oratoire, la prise de parole, le leadership auprès des lycéens et étudiants. L’association a également en charge la valorisation d’un site culturel qui incarne l’histoire de la ville de Ouagadougou. Nous organisons également des journées du patrimoine culturel, qui se limitent pour le moment au niveau des arrondissements à cause des questions de réalisation. Notre ambition c’est de pouvoir organiser dans les années à venir ces journées du patrimoine culturel sur tout le territoire burkinabè.

LeGF : Que peux-tu nous dire sur le métier de spécialiste du patrimoine culturel ?

TO : Un spécialiste du patrimoine culturel est en quelque sorte comme un gestionnaire de projets culturels. Dans son quotidien, il parcourt les dossiers dont il a la charge. Il peut piloter de façon simultanée plusieurs projets dont il est l’initiateur, le partenaire, l’associé ou le consultant. Il peut être amené à se déplacer vers un site culturel pour consultation, à tenir des réunions sur les projets et à mener des démarches auprès de l’administration publique ou privée.

LeGF : Qu’est ce que la valorisation du patrimoine culturel ? En quoi est-ce important ? 

TO : La valorisation du patrimoine culturel est un domaine qui en plus d’être créateur de nombreuses possibilités d’emploi, est nouveau. Il n’est pour le moment pas suffisamment exploré au Burkina Faso. L’exploration est plus tournée vers le tourisme, mais la valorisation du patrimoine culturel n’est pas encore bien développée. La valorisation du patrimoine culturel permet de créer des sites, musées pour faire connaître du public les différentes cultures de nos différentes ethnies et  régions. Il y a eu dernièrement la pose de la première pierre du musée du Gulmu. Ce musée deviendra une vitrine de la culture gourmantché par exemple. La valorisation passe aussi par la mise en avant de ce qui existe, par des politiques de communication pour rendre plus attractif et intéressant les visites dans nos musées, comme ce fût le cas avec un projet sur le musée de Gourcy sur lequel j’ai contribué. C’est donc un secteur important car il nous permet non seulement de connaître notre culture, de la préserver et de la faire découvrir aux autres.

LeGF : Quels sont les profils ou les domaines d’études qui peuvent exercer dans ce secteur ?

TO : Prioritairement, si vous avez fait des études en archéologie, histoire, tourisme et hôtellerie vous pouvez exercer dans la valorisation du patrimoine culturel. Par ailleurs, les profils issues d’une formation en communication, tourisme, marketing, gestion de projet peuvent aussi s’essayer et exercer dans le secteur.

LeGF : Avant d’être spécialiste en valorisation du patrimoine culturel, tu es marketeur. Pourquoi le marketing ? Comment es-tu arrivé à faire la jonction entre ce domaine et la culture ?

TO : Avant tout j’ai choisi la gestion commerciale et le marketing parce que le marketing est un domaine d’étude qui me plaisait bien et je me voyais marketeur mais plutôt orienté sur la culture. En termes de tâches spécifiques simples, le marketeur cherche à savoir comment vendre un produit ou un service, comment le rendre agréable, le rendre accessible, comment le rendre attractif. Ces mêmes questions, je les ai transposées dans le domaine du patrimoine culturel. L’extrapolation que j’ai eu à faire entre le marketing et le patrimoine culturel est parti d’un constat que j’ai observé.

En effet, nous avons une richesse dans le domaine du patrimoine culturel qui n’est malheureusement pas exploité, non exploré. Cela m’a poussé à avoir des approches historiques, archéologiques, sociologiques pour pouvoir davantage me spécialiser et être à mesure de faire de bonnes propositions dans le sens de la valorisation de notre culture.

Pour illustration, en 2012, les ruines de Loropéni n’étaient pas encore reconnues comme patrimoine mondial de l’UNESCO. J’avais proposé au ministère de la culture de l’époque des projets qui visaient à valoriser ce site historique. L’un des projets était une visite virtuelle afin de permettre à qui que ce soit dans le monde de pouvoir visiter les ruines de Loropéni. Le second c’était de concevoir un jeu électronique sur le site de Loropéni. De ces deux projets, l’accessibilité et l’attractivité du produit qu’est le patrimoine culturelle sont rendu possible grâce à la réalité virtuelle ainsi qu’au jeu et ces propositions répondent bien à la définition que j’ai faite plus haut du marketeur qui doit chercher à rendre attractif et accessible son produit ou service.

LeGF : Quels sont les diplômes que tu as obtenu et qui te permettent d’exercer dans le secteur culturel ?

TO : Comme signifié plus haut, j’ai un profil de marketeur. Dans mon cursus académique, j’ai d’abord obtenu une Licence en marketing qui me conférait le titre de technicien supérieur en marketing. Avec ce diplôme en poche, j’ai décidé de me lancer dans le secteur d’activité qui m’intéressait : la valorisation du patrimoine culturel. Par la suite, avec l’expérience acquise, j’ai décidé de me former davantage en optant pour un Master en gestion de projet.

LeGF : Partage nous ton expérience des cours du soir, quel est l’avantage de ce mode de cours ?

TO : J’ai eu à suivre des cours en formation continue plus précisément en cours du soir. L’avantage avec les cours du soir, c’est le temps dont on dispose la journée pour avoir une activité professionnelle. L’inconvénient c’est que cela demande beaucoup de discipline au risque de décrocher facilement. C’est un mode de cours que je recommande, car vous pourrez mettre à profit le temps libre le matin pour développer un projet, générer un revenu qui permettra même de financer votre formation et de pouvoir poursuivre vos études.

LeGF : Quelle est ton expérience de formation dans le public ?  

TO : Étudier dans le public a pour avantage d’être moins coûteux qu’étudier dans le privé. De mon expérience, j’ai remarqué que les étudiants du public avaient plus de temps libre que ceux du privé. Ce trop plein de temps dont ils disposent pourrait être vu comme un inconvénient, mais je trouve que c’est aussi une occasion de mettre à profit ce temps pour leurs études, pour faire des recherches. Personnellement, les recherches hors cours ont compté pour 80% dans ma formation et encore plus quand je me suis lancé dans le domaine de la valorisation du patrimoine culturel. 

 LeGF : En tant que grand frère, quel serait ton conseil pour choisir sa formation ?

TO : Si vous venez d’avoir le Bac et que vous souhaitez plus tard devenir un spécialiste de la valorisation du patrimoine culturel, vous devez avant tout avoir un fort intérêt pour la culture. Cherchez ensuite à entrer en contact avec les acteurs du domaine, les acteurs du ministère de la culture. Vous devez aussi développer certaines qualités : la créativité et l’esprit d’innovation. Il vous faut aussi avoir des compétences en matière de gestion de projet ainsi que des connaissances en marketing, mais aussi en histoire, en archéologie, en sociologie et une bonne culture générale.

LeGF : Quel est ton conseil pour bien choisir son école ?

TO : Pour bien choisir son école, il faut déjà connaître les établissements de référence qui forment dans le domaine qui vous intéresse. Mais ce qu’il faut , c’est aller à la recherche d’informations sur l’école auprès des anciens étudiants surtout. Ils seront en mesure de vous renseigner sur la qualité des enseignements, le respect des programmes. Cherchez aussi à connaître le taux d’insertion professionnelle des étudiants après la formation. Après avoir récolté toutes les informations utiles, vous aurez une idée plus claire de l’université qui correspondra au mieux à votre projet de formation et pourrait faire le bon choix.

LeGF : Quel est ton mot de fin ?

TO : Merci à la plateforme Le Grand Frère pour l’initiative et l’occasion offerte de partager mon expérience tant sur le volet académique que professionnel afin d’orienter les plus jeunes. Mon mot de fin s’adresse aux futurs bacheliers et c’est celui-ci :

Avant de vous engager, avant de faire le choix de votre discipline, écouter surtout votre cœur, il pourra bien vous guider dans votre choix.

N’hésitez surtout pas à vous rendre sur Le Grand Frère pour avoir des partages d’expériences, découvrir des métiers, trouver des établissements, trouver des formations et des conseils pour mieux s’orienter et construire son parcours professionnel.

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