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Immersion dans le monde des finances avec Josias Kere, Ingenieur financier

Pour notre grand frère Josias Kere, la finance c’est le socle même du fonctionnement économique mondiale. Passionné par son domaine, il nous invite à découvrir son métier dans cet entretien.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour peux tu te présenter ?

Josias Kere (JK) : Bonjour je suis Josias Kere et je suis ingénieur financier de formation.

LeGF: Qu’est ce que l’ingénierie financière?

JK : Avant tout, il faut savoir que dans l’ingénierie financière, il y a deux grandes parties : il y a l’Ingénierie financière relative au fonctionnement d’une entreprise et l’ingénierie financière comme celle que j’ai faite avec pour spécialisation tout ce qui est finances internationales.

  • Pour la première partie, il s’agit de gérer le fonctionnement d’une entreprise, analyser le fonctionnement de l’entreprise sur le plan financier afin de pouvoir prendre des décisions. On fait une analyse de ce qui existe et de ce qui est passé, on essaie de prendre des décisions, d’évaluer les risques afin d’orienter l’entreprise et son fonctionnement pour l’avenir. 
  • Pour ce qui est de la seconde partie, il y a ce que j’ai étudié principalement comme spécialisation, l’ingénierie financière internationale qui s’applique à la finance internationale. Il est aussi question d’analyser le fonctionnement de l’entreprise, mais en vue cette fois de pouvoir essentiellement prendre des décisions d’investissement.
    On analyse les bilans, le compte de résultat de l’entreprise, son fonctionnement, son domaine et son potentiel afin d’apprécier s’il est rentable d’effectuer des investissements, d’acheter des actions et de prendre des participations dans le but de les faire fructifier ensuite.

LeGF : Quel est l’importance de l’ingénierie financière dans le monde ?

JK : Mon domaine de formation est à la base du circuit économique et financier mondial. Les marchés financiers sont en quelque sortes comme les marchés locaux qu’on connaît. Ce sont des marchés où se rencontrent l’offre et la demande. D’une part il y ‘a la demande composée de ceux qui ont besoin de capitaux pour faire évoluer leurs entreprises. Et de l’autre il y a l’offre composé d’investisseurs qui ont du capital à placer. Sans un marché pareil, les entreprises qui ont besoin de lever des fonds au niveau international ne pourraient pas se retrouver face à des potentiels investisseurs ou actionnaires qui ont des fonds à investir. 

LeGF : Quels sont les débouchés en ingénierie financière ?

JK : Il y a deux principales issues : l’ingénierie financière qui s’applique au fonctionnement de l’entreprise et l’ingénierie financière axé sur la finance internationale. 

  • Pour la première issue, on devient  ingénieur financier d’entreprise. On produit des livres, des bilans comptables, et des comptes de résultat prévisionnels. On essaye d’optimiser le fonctionnement de l’entreprise.
  • Dans la seconde issue axée sur la finance internationale, il y a plein de métiers, pleins de débouchés notamment dans les marchés financiers ( bourse, trading).

Les études en ingénierie financière sont très portées sur les chiffres et les mathématiques. Elles sont étroitement liées aussi à l’informatique. L’ingénieur financier est amené à travailler et à concevoir des outils de mesure et d’investissement pour optimiser et accompagner les différents placements des entreprises, des traders et des investisseurs. En bourse comme en entreprise, son expertise est une plus value. Il peut donc se diriger vers la conception d’outils informatique d’aide à la décision pour les entreprises.

LeGF : Parle nous de ta spécialisation sur les marchés financiers 

JK : La formation que j’ai choisie est une formation d’ingénierie financière avec spécialisation sur les marchés financiers. C’est une formation qui consiste à apprendre le fonctionnement d’une entreprise, analyser l’entreprise, décortiquer réellement ce qui se passe au sein d’une entreprise. Une analyse de l’environnement tout autour de l’entreprise  (environnement économique et finance internationale de l’entreprise) est également faite avec pour objectif vraiment de pouvoir donner une notation à cette entreprise. Est-ce qu’elle est très très attractive ? Est-ce qu’elle vaut la peine de s’y intéresser éventuellement, d’acheter des actions et de s’investir. Une évaluation des risques encourus est faite.

LeGF : Quel est ton parcours universitaire ?

JK : J’ai d’abord fait les deux années d’études en sciences économiques et de gestion suivi d’une Licence en banque-finance. Durant mes études, la partie financière de ma licence m’a vraiment beaucoup intéressé. C’est tout naturellement que je me suis tourné vers la finance. Pendant ma formation, on parlait beaucoup de la finance internationale, des marchés financiers. Mont fort intérêt pour cette composante de la finance internationale, que sont les marchés financiers est ce qui m’a conduit à faire ce diplôme d’ingénieur financier. 

LGF : Que faut-il savoir du diplôme de Licence ?

JK : Le diplôme de Licence et un diplôme qui donne un grade de technicien. On ressort en ayant des acquis dans un domaine précis. Dans mon cas par exemple, j’ai fait une Licence professionnelle plutôt qu’une Licence générale. Avec la Licence professionnelle, la différence c’est qu’ à la fin, on est forcément obligé de faire une immersion professionnelle d’une certaine durée pour pouvoir valider le diplôme. De plus, techniquement parlant, les cours sont orientés dans un style pratique. Pendant les séances, ce n’est pas que de la théorie. On vous prépare vraiment afin qu’à la fin du diplôme, vous puissiez aller sur le marché du travail et être efficace dans une entreprise.

LeGF : Que faut-il savoir du diplôme de Master ?

JK : Après le Master, on devient “Maître” c’est le grade que confère ce diplôme. On a des connaissances du coup plus avancées qu’en Licence. Et justement, pour pouvoir avoir le diplôme de Master, l’étudiant doit réaliser un mémoire, ce qui n’est pas forcément obligatoire en Licence. Il arrive qu’on demande un mémoire en Licence. Cependant, au niveau du Master, le mémoire que l’on fait est beaucoup plus volumineux, plus étayé et plus axé recherche que dans le cadre d’une Licence classique. A la fin de vos études, vous ressortez beaucoup plus informé et avancé sur votre domaine.

Interview avec notre grand frère Josias Kere

LeGF : Quel a été ton expérience des cours du soir ?

JK : J’ai fait les cours du soir en Licence et c’était des cours avec des professionnels. Les professeurs étaient des cadres qui travaillaient déjà dans le domaine. Il étaient assez pointues sur leurs différentes matières et avaient des années d’expérience dans le domaine.  Le plus grand avantage de la formation en cours du soir, c’est de pouvoir justement profiter de l’expérience de ces professeurs aguerries surtout quand on opte pour une licence professionnelle.

Les inconvénients c’est la gestion du temps, surtout quand on a une activité professionnelle la journée. Travailler et finir sa journée pour ensuite enchaîner les cours le soir tout en restant concentré jusqu’à un peu plus tard, peut être usant à la longue. Mais ce sont des sacrifices qu’il faut apprendre à faire.

LeGF : Qu’en est il  des cours du jour ? 

JK : En effet, pour le Master, j’ai opté pour des cours du jour. Je n’avais comme activité que les études. L’avantage de ce mode de cours, c’est qu’on est vraiment focalisé et concentré. Du matin au soir, on est à l’école, mais le reste du temps dont on dispose, on l’aménage aisément pour étudier et réviser. On est vraiment focalisé et je pense qu’on est beaucoup plus performant. Il n’y a pas d’inconvénient réel à ce mode de cours en particulier. Le seul inconvénient c’est le fait de ne pas vraiment avoir la possibilité de faire autre chose en dehors des études. 

LeGF : Y a t il une différence entre l’enseignement dans un établissement privé et public ? Quel en est ton expérience ? 

JK : Les études dans un établissement privé sont orientés vers de personnes qui souhaitent se concentrer. Il y a un réel suivi de la part de l’administration. En général, l’effectif des étudiants en classe est relativement acceptable, ce qui permet aux étudiants d’être facilement suivi. Les professeurs sont plus accessibles et ont le temps de se consacrer aux sollicitations des étudiants. C’est le plus grand avantage de faire des étude dans le privé.

Je crois que l’avantage des études dans un établissement public est le fait que l’on apprend à se “battre”. Il y a un grand nombre d’étudiants et chacun se doit de se surpasser. Il arrive qu’on ne soit pas vraiment concentré dans le public. Si on n’est pas vraiment investi, c’est assez difficile de se retrouver. Beaucoup d’étudiants qui arrivent dans les grandes universités du public sont généralement perdus. On est fraîchement nouveau bachelier, on arrive à l’université et il y a des milliers d’autres personnes. On n’entend pas forcément bien dans l’amphithéâtre et c’est vraiment l’inconvénient principal.

LeGF : Tu as eu l’occasion de te former hors du Burkina. Parle nous un peu des études à l’étranger.

JK : Les études à l’étranger sont formateur. J’ai d’abord poursuivi mon cursus à Saint-Louis au Sénégal. Le cadre était fait de telle sorte qu’on puisse vraiment être concentré dans les études. C’est une université qui a été construite à l’écart de la ville, un peu isolée. On étudiait et on était logé sur place. C’était très axé sur le travail et les études. Pouvoir disposer d’un cadre réunissant à la fois études et logements était un grand avantage. L’inconvénient par contre, c’est qu’on se retrouve très vite dans une situation de burn out (épuisement professionnel, est un trouble psychique résultant d’un stress chronique dans le cadre du travail) et c’est assez compliqué d’en sortir. 

J’ai aussi étudié à Paris en France. Personnellement, j’ai eu une expérience un peu différente des autres personnes qui arrivent en France pour les études, parce que je suis arrivé déjà stressé. Je savais que je partais faire des études assez compliquées. Je n’étais pas vraiment impressionné par ce qui impressionnait tout le monde. J’ai dû quand même beaucoup travailler, surtout à la première année de Master, car j’avais un certain retard à rattraper, les autres ayant débutés la formation avant moi.  A part cela, la ville est sympathique, il y a vraiment tout ce qu’il faut. Et en même temps, c’est une ville où la distraction est très prononcée. On peut facilement se retrouver dans une ambiance de divertissement et délaisser un peu l’école. C’est le danger que je dirais des études dans ce pays et éventuellement des études à l’étranger. Un avantage qui n’est pas des moindre est aussi l’ouverture d’esprit que procure les études à l’extérieur.

Pour toute personne qui arrive à l’étranger pour des études notamment, je lui conseille de garder la tête sur les épaules. Lorsqu’on va à l’étranger pour des études, je ne cesse de le dire, il faut rester focus sur ce pourquoi on y est allé : les études. Il ne faut surtout pas perdre de vue cela. Ce n’est pas forcément nécessaire d’étudier à l’extérieur. C’est une opportunité qui n’est pas donné à tout le monde et qu’il faut saisir, considérer et s’appliquer car il en résulte un sacrifice au niveau de la famille. 

LeGF : Donne nous quelques conseils pour toute personne qui serait intéressée par le métier d’ingénieur financier 

JK : Mon conseil pour toi qui veut devenir ingénieur financier, c’est de savoir que ce sont des études qui ne sont pas spécialement difficiles. Cependant, il faut être préparé, parce que ce sont des études qui réunissent à la fois les finances et les mathématiques. Il va falloir donc vraiment s’accrocher. Ce sont des études qui ont énormément de débouchés surtout lorsqu’on fait des spécialisations.

Sache que tu es dans le meilleur domaine selon moi dans le monde. Pourquoi ? Parce que c’est le domaine qui parle du fonctionnement de la racine de la société  que ce soit dans l’entrepreneuriat, le financement, etc. Je te souhaite d’être accroché, d’avoir beaucoup de courage et de savoir que tu entreprends une très belle carrière.

LeGF : Comment choisir et trouver une bonne école pour ses études après le BAC ?  

JK : Pour choisir ton école, je te conseille déjà d’aller à la pêche à l’information. Fais un tour des écoles, renseigne toi sur le programme auprès des anciens étudiants par exemple. Cherche des informations concernant le contenu des cours, la politique de l’école, la vision de l’école et aussi les débouchés. Il y a certaines écoles qui ont des statistiques qui montrent que 50 % de leurs étudiants ont réussi à obtenir un travail ou réussi à s’insérer dans le domaine professionnel au bout de 6 mois ou un an. Il faut aussi prendre en compte la notation de l’école.  Ce sont des aspects et facteurs importants qui te permettront de vraiment savoir et confirmer ce que tu veux faire comme études. 

Lire aussi : le partage d’expérience de Mathilde Zerbo, Médecin généraliste

LeGF : Quel est ton dernier mot à l’attention des petits frères ? 

JK : Je remercie Le Grand Frère pour l’initiative,  l’occasion qui m’a été donnée de partager mon expérience concernant mes études, concernant les études financières et concernant les études à l’étranger. Je pense qu’en tant que futur étudiant, tu as la chance d’avoir cette plateforme qui est  Le Grand Frère pour te guider et te donner toutes les clés pour s’orienter et bien choisir ses études. Je t’invite donc à la découvrir et te l’approprier.

 

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  • Bonjour,merci beaucoup pour l’entretien très enrichissant. Si possible je souhaiterais rentrer en contact avec le grand frère.
    Cordialement

  • Bonjour ! Merci pour le partage, je n’es que le baccalauréat série D je compte poursuivre dans le domaine financier option marché boursier, quel université vous me proposez ??? Je préfère l’option en ligne Care je suis un employé,pour dire je ne dispose pas de mon temps moi même a tout temps.merci cordialement

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