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Etudier et obtenir un diplôme en arts plastiques au Burkina avec Ibrahim Jacob Konfe

Saviez-vous qu’il était possible de se former en arts au Burkina Faso et d’obtenir notamment une Licence en arts plastiques ? Avec Ibrahim Jacob Konfe, infographiste 2D/3D et responsable du studio MOSSHIGH, nous découvrons le monde des arts et de la création graphique.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour, peux-tu te présenter ?
acob Konfe (JK) : Bonjour, je suis Ibrahim Jacob Konfe à l’état-civil, je suis infographiste 2D/3D, je suis responsable du studio MOSSHIGH.

LeGF : Parle nous de ton entreprise : Les Studio MOSSHIGH
JK : Les Studios MOSSHIGH, c’est une entreprise qui excelle dans tout ce qui est 3D et simulation virtuelle. Nous évoluons dans la modélisation, l’impression 3D et la réalité virtuelle.

LeGF : Qu’est-ce qu’un infographiste ?
JK : Tout d’abord, quand on parle d’infographie plus précisément de design 2D/3D, il s’agit de tout ce qui est visuel, tout ce qui concerne l’interface. L’infographiste est à la base un spécialiste de l’interface utilisateur (UI design) et de l’expérience utilisateur (UX design). C’est un travail qui demande beaucoup de réflexions en amont. Comment agencer un contenu particulier pour qu’il plaise et soit utile à l’utilisateur ? Comment faire en sorte que le message passe de manière pratique ? C’est ainsi qu’on se projette quand on doit travailler sur un projet. Et lorsqu’on se retrouve sur certains projets que ce soit à l’occasion d’un atelier, à l’imprimerie ou sur le web, notre travail est de livrer un produit esthétiquement beau et facile à utiliser aussi bien pour les clients que pour les utilisateurs.

LeGF : Quelle est l’importance de l’infographie et de l’infographiste ?
JK : Lorsqu’on parle d’infographie, on a tendance à penser que c’est basique comme domaine alors que c’est un maillon important de la communication visuelle. L’infographie permet de faire passer plus facilement certains messages. Grâce à la création graphique, l’infographiste rend meilleure l’image de marque d’une entreprise et permet à cette dernière de mieux communiquer et de se démarquer avec son identité graphique. À titre d’exemple, la médecine, c’est un domaine important. Il en est de même pour l’éducation. Mais pourquoi d’une école à une autre, d’un hôpital à un autre, il y a des préférences ? C’est dû à l’esthétique et à l’expérience utilisateur. Au quotidien, ce sont des facteurs qui nous attirent et nous retiennent vers certains produits ou services. Cela est rendu possible grâce au travail en amont de visualisation, de réflexion et de création que fait l’infographiste. C’est tout cet ensemble qui fait l’utilité de notre travail au sein de la société.

LeGF : Quels sont les prérequis à avoir pour se former en arts plastiques ?
JK : Généralement, lorsqu’on parle d’art, on parle d’expression artistique. Dans le cadre de ma formation, nous avons particulièrement fait de la peinture. En peinture, il faut déjà avoir ce doigté et cet œil artistique qui vous permet d’allier couleur et forme. Mais pour quelqu’un qui veut faire les arts plastiques, dans un premier temps, il faut qu’il sente en lui une certaine fibre artistique et au-delà de maintenant, l’envie de développer, et cela, et de s’orienter dans le monde artistique. La peinture est pour le moment un domaine pas suffisamment exploré. La majorité des acteurs de ce domaine sont autodidactes. Si vous vous formez en tant que professionnel des arts plastiques, vous allez pouvoir vous positionner plus haut et réaliser de grands projets artistiques pour la société et pour le Burkina Faso.

LeGF : Quels sont les débouchés après une formation en arts plastiques ?
JK : Les débouchés sont énormes après une formation en arts plastiques. L’un des débouchés le plus récurrent c’est celui de l’artiste-peintre professionnel. Après la formation, vous pouvez ouvrir un atelier ou une galerie pour réaliser et exposer vos œuvres. Pour être un artiste-peintre professionnel, qui a du répondant sur le plan national et international, il faut trouver un manager qui va vous positionner dans une certaine sphère. Si vous êtes une personne orientée vers la technologie, vous pouvez vous diriger vers l’infographie. À la différence du pinceau et de la toile vous utilisez juste des outils numériques. Vous pouvez aussi devenir designer. Aujourd’hui, il y a énormément d’artistes plasticiens qui se cachent derrière certaines pièces et œuvres de grandes marques. Leur savoir-faire se met en valeur pour le design des objets, des tenues ou des sacs. Vous pouvez également travailler en communication d’entreprise dans la section réflexion des produits, packaging design. Ce sont des débouchés dont les besoins se font sentir de plus en plus au niveau national et il y a matière à faire.

LeGF : Pourquoi as tu choisis de t’orienter en arts plastiques ?
JK : J’ai toujours eu la fibre artistique. L’avantage, c’est qu’en famille, on le reconnaissait et depuis le lycée, je me voyais déjà artiste. Je me souviens que lorsque le service d’orientation était venu à notre rencontre au lycée, j’ai demandé à savoir s’il y avait une filière artistique à Ouagadougou surtout à l’université. Ils m’ont dit répondu par la négative. Après le Bac je me suis rendu à l’université, j’ai fait le tour de plusieurs départements, plusieurs bureaux mais je n’ai pas eu gain de cause. Puis, un jour, un ami m’aborde pour me dire qu’il a vu une note sur laquelle il était mentionné art et comme je parlais beaucoup d’art, il a jugé bon de m’en faire part. Pour accéder à la formation, il y avait un concours d’entrée à passer. C’est comme ça que je suis rentré en contact avec les personnes ressources qui s’occupaient de cette filière, j’ai passé le test et j’ai été admis à la formation. Par ailleurs, mon choix de devenir infographiste a été influencé par mon voisin qui à l’époque était infographiste. C’est lui qui m’a fait découvrir et apprendre l’infographie. Parallèlement aux études, j’apprenais avec lui et après mes études, j’ai poussé la réflexion avec des formations pour mieux maîtriser le domaine. De fil en aiguille, je suis passé de l’infographie à la 3D et j’évolue aujourd’hui aussi dans la modélisation, la réalité virtuelle et le gaming.

 

LeGF : Quel est l’intérêt d’avoir un diplôme en arts plastiques ?
JK : Dans le domaine des arts, beaucoup d’artistes sont des autodidactes. Dans notre secteur, il est beaucoup plus question d’expression, de savoir-faire artistique. Ce savoir-faire, on le retrouve dans un portfolio. Le plus souvent, quand on approche un artiste pour un projet, on ne cherche pas à savoir quel diplôme il a. On cherche à savoir ce que vous avez eu à faire comme réalisation. Aujourd’hui beaucoup de monde voyage parce qu’ils ont des œuvres qui plaisent. Cependant, il y a des projets complexes sur lesquels on a besoin d’artistes ou de designers, mais avec un certain niveau ou un minimum de diplôme. La plupart du temps, on demande un Bac +2 ou un Bac +3. Et dans ces cas-là, l’intérêt d’avoir le diplôme réside dans le fait que cela peut peser sur la balance et vous positionner sur de grands projets qui ouvriront d’autres portes.

LeGF : Quels sont tes conseils pour bien choisir sa formation ?
JK : Si vous voulez devenir designer, mon premier conseil, c’est d’avoir au moins un background en arts plastiques. Pour construire ce background, il faut s’inscrire à l’université, faire le premier cycle en arts plastiques et obtenir la Licence. Cela vous permettra de pratiquer votre art et d’avoir des notions professionnelles sur tout ce qui est histoire de l’art, tout ce qui est sémiologie et sémiotique. Actuellement, avec l’avènement de la Covid-19, beaucoup d’universités ont ouvert leurs portes en ligne. Profitez de ces formations en ligne gratuites pour certaines pour apprendre et vous perfectionner. Pour ceux qui veulent aller vers l’infographie, aujourd’hui il y a beaucoup de certifications notamment avec la gamme Adobe. Apprenez à maîtriser les logiciels de création afin d’être opérationnel quand vous serez sur le terrain. En somme, si vous souhaitez évoluer en tant que créatifs dans les arts, il vous faudra au moins une Licence en arts plastiques, des certifications bien définies et un portfolio renfloué par votre créativité.

LeGF : Quels sont tes conseils pour bien choisir son école ?
JK : Pour choisir une bonne école de mon point de vue, il faut d’abord chercher à connaître ce que l’école propose comme débouchés. Après la formation, que deviennent les étudiants de cette école ? La réponse à cette question vous permettra dans un premier temps déjà d’avoir une idée de votre future insertion professionnelle.
Pour ce qui concerne le domaine artistique, il faut savoir que les écoles font en sorte qu’il y ait des projets sur lesquels les étudiants travaillent tout le long du cursus. Toutes ces réalisations seront comptabilisées de sorte à ce que vous constituez à la fin du cursus, un portfolio. C’est ce qui fera votre curriculum vitae pour le monde professionnel. Si vous souhaitez intégrer une école d’art, essayez de voir par rapport à cette école, comment les projets sont ficelés, sur quels types de projets les étudiants travaillent. Vous aurez ainsi un aperçu sur comment va être la suite de votre carrière après la formation. Quand on veut être un créatif, il faut avoir ce portfolio, ce capital de création à faire grandir au fur et à mesure. C’est vraiment l’élément qui fera votre carte de visite, qui présentera votre travail, et vous positionnera professionnellement.

LeGF : Quels sont tes conseils pour bien choisir son école ?
JK : Merci à la plateforme Le Grand Frère pour la tribune et l’invite à parler de mon parcours. N’hésitez pas à visiter la plateforme car au-delà du graphisme, vous trouverez également d’autres parcours et choix de carrière qui vous aideront à faire un meilleur choix d’orientation. N’oubliez pas que vous êtes burkinabè, vous pouvez impacter le monde, courage à vous et bonne suite.

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