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Chargé de programmes : decouverte d’un nouveau métier avec Jean Dominique Ouedraogo

Economiste gestionnaire de formation, chargé de programmes, formateur en art oratoire et en art du pitch, mais également consultant en innovation, Jean Dominique Ouedraogo, nous conte son parcours et comment son engagement au sein du milieu associatif ainsi que son habileté avec les mots et sa voix l’ont aider à trouver sa voie aujourd’hui.

Le Grand Frère (LeGF) : Bonjour peux tu te présenter ?
Dominique Ouedraogo (DO) : Je suis Ganda Jean Dominique Ouedraogo, chargé de programmes au sein de l’association Mahna. Parallèlement à cela, je suis maître de cérémonie, formateur en art oratoire et en art du pitch. Je suis également consultant en innovation et coach en cours de certification.

LeGF : Parle nous de ton métier : qu’est ce qu’un chargé de programmes ?
DO : En tant que chargé de programmes à Mahna plus particulièrement, je suis responsable de différents programmes. Comme l’intitulé du poste le dit, nous avons essentiellement trois programmes : un premier programme en employabilité, un second sur l’entrepreneuriat à travers un programme de pré-incubation et un troisième programme sur la valorisation de la recherche, que nous portons avec une structure qui est dans le domaine de la recherche sur le plan du Burkina Faso et à l’international.
Parallèlement à cela, je suis amené justement à piloter certains projets que nous menons avec des partenaires. J’interviens dans tout ce qu’il y a comme coordination des partenaires qui vont intervenir pour les formations et les programmes, je participe également dans la conduite des entretiens des participants. Je suis présent à toutes les différentes étapes du programme du début jusqu’à la rédaction du bilan de fin de programmes.
Dans le cadre de l’accompagnement des différents programmes, je suis également appelé à faire de l’ingénierie pédagogique en déterminant les modules de formation adaptés au public d’apprenants à former. J’appuie également le volet formation des facilitateurs car nous formons des jeunes certes, mais cela passe par d’autres acteurs qui sont les facilitateurs. Et dans ce cadre là, nous employons surtout comme methode tout ce qui est pédagogie active, learning by doing. Comment bien passer le message, être empathique dans l’objectif de pouvoir élaborer un contenu qui, réellement, répond aux attentes de la cible.

Le learning by doing est une methode qui permet l’apprentissage par la pratique et l’action. On fait en sorte que l’apprenant soit acteur de son apprentissage et puisse developper ses competences dans des situations réelles.

Jean Dominique Ouedraogo, formation Mahna

LeGF : Dans le cadre des études supérieures, tu as suivi une formation académique en économie. Peux-tu nous en dire plus sur l’économie et ses débouchés ?
DO : Je suis en effet économiste gestionnaire de formation. L’économie peut être définie comme une science humaine qui fait appel à la production, à la consommation et aux échanges de biens et services. C’est un domaine d’étude assez vaste qui regroupe la gestion, la comptabilité et les finances. Il y a également le volet macroéconomique qui est relatif aux politiques économiques et donc à l’état des nations et des zones sous régionales.
Lorsque vous avez suivi une formation en économie, vous avez accès aux secteurs de la banque, des finances et des assurances. Vous pouvez donc être appelé à côtoyer le milieu des assurances, être administrateur, gestionnaire de projets. C’est à la fois un atout mais aussi un inconvénient. Parce que vous êtes généraliste, c’est comme le fait d’avoir un Bac scientifique D qui vous donne accès à la plupart des formations qui sont disponibles. Un cursus en économie, vous permet d’avoir accès à la plupart des métiers disponibles. Cependant à l’intérieur de chaque métier, vous n’avez pas forcément la valeur ajoutée qui pourra faire la différence parce que vous n’avez pas été formé spécifiquement pour ça. Il faut donc chercher à se spécialiser après la Licence en optant pour un Master en gestion ou en finance par exemple.

LeGF :Quelle est l’importance du chargé de programmes ? Existe-t’il une formation pour en devenir un ?
DO : Dans notre contexte burkinabè, il faut relever le fait que nous sommes un pays en crise avec des problèmes liés entre autres à la sécurité alimentaire, la pauvreté, le manque d’emplois des jeunes, etc. Ces problèmes ont besoin d’être solutionnés. Et lorsque les gens apportent la solution, c’est généralement sous forme de projets. Les projets peuvent être lancés par des Organisations Non Gouvernementales, par l’Etat, ou par des structures privées. Et pour chaque projet qui est mis en place pour les populations, il y a forcément au moins un chef de projet affilié.
Concernant la formation, il n’y a pas énormément de formation pour cela, mais c’est un métier qui aujourd’hui est important et emploie un nombre de personnes dans la gestion de projets. Il faut préciser aussi que le terme chargé de programmes n’est pas très commun au Burkina Faso. Au vu du type de structures dans lesquelles j’évolue, on a un certain nombre de métiers qui sont dits des métiers nouveaux. Ailleurs, vous entendrez le terme chef de projet. Ce qui est très similaire et englobe bien mon métier parce qu’on est justement appelé, comme le nom l’indique, à gérer des projets. Je ne suis donc pas un spécialiste de la gestion de projets, mais si je devais définir ce domaine, je dirai que c’est l’application des techniques de gestion dans le cadre du cycle de vie d’un projet. Et cela des la conception du projet c’est à dire depuis la phase embryonnaire. A partir de l’idée donc, on se pose les bonnes questions sur comment on va mettre en œuvre le projet et faire en sorte qu’il atteigne les résultats escomptés. Qu’est ce qu’on veut faire ? Comment on va le réaliser ? Qui sont les acteurs et intervenants impliqués à la réalisation concrète sur le terrain ? Comment coordonner les différentes équipes jusqu’à la fin du projet et quels sont les livrables qui sont attendus ? Globalement c’est donc un processus qui va de la conception du projet, à sa réalisation jusqu’à la récupération des livrables grâce aux mesures d’impact sur le terrain.

LeGF : Nous connaissons tes talents d’orateur et tu utilises également ta voix en tant que maître de cérémonie. Que faut-il savoir sur la maîtrise de cérémonie et comment devenir maître de cérémonie ?
DO : Le maître de cérémonie, c’est une personne qui anime un spectacle, une cérémonie ou plusieurs et qui l’a connaît de bout en bout. Lorsqu’on s’attarde sur la racine du mot animer on retient que c’est le fait de mettre de l’âme. En d’autres termes, le maître de cérémonie donne vie aux différentes cérémonies, spectacles qu’il anime. Il officie comme un chef d’orchestre et s’assure que tout se passe pour le mieux durant la cérémonie.
Pour ce qui est de la formation en maîtrise de cérémonie au Burkina Faso, je n’ai pas connaissance d’une école qui forme à cela pour l’instant. Cependant, il y a bien évidemment un certain nombre d’aptitudes à développer et à maîtriser. Vous êtes appelé à utiliser votre voix qui est votre outil principal. Vous devez être en mesure de bien parler, d’articuler comme il le faut et vous adapter à toutes sortes de cérémonies. Mais ce qui est commun à toutes les formes de cérémonies, c’est déjà le fait de pouvoir gérer le stress. Le stress de pouvoir s’exprimer face à un public, mais également le stress lorsque les choses ne se passent pas comme prévu.

Jean Dominique Ouedraogo, MC au lancement de Tech4sahel

Être maître de cérémonie, c’est un travail facile lorsque tout se passe bien. Mais le principal don du maître de cérémonie et là où on fait la différence entre un professionnel du domaine et un amateur, c’est lorsqu’il y a des imprévus. A ce moment, le maître de cérémonie doit savoir gérer les choses de manière à ce que le public ne ressente pas de vide, qu’il n’y ait pas d’angoisse ou de moments de gêne. Il doit faire en sorte que ceux qui ont organisé la cérémonie n’aient pas à courir à gauche, à droite, parce qu’il maîtrise sa cérémonie, arrive à gérer les transitions et met en lumière les personnes présentes. En résumé, il faut donc avoir une bonne aisance dans la prise de parole en public, savoir gérer le stress et s’organiser efficacement.

LeGF : Comment en es tu arrivé au métier de chargé de programmes et comment la vie associative a pesé sur cette reconversion ?
DO : La transition s’est vraiment faite à travers la vie associative. Très jeune, dès le Bac, j’étais engagé et inséré dans tout ce qui à trait à la vie associative. J’ai découvert des associations que j’ai eu à fréquenter, une en particulier qui m’a beaucoup appris, beaucoup aidé. Et c’est un militant de cette association là que j’ai eu à fréquenter la structure dans laquelle je suis aujourd’hui et qui était la Ruche.
Lorsqu’on avait des partenariats avec d’autres grandes structures, j’étais chargé de gérer les projets, je représentais mon association auprès de ces structures. J’étais appelé à prendre des décisions, à gérer les équipes alors que je n’avais même pas encore de stages en entreprise. L’expérience que j’ai pu acquérir m’a permis de développer des compétences en gestion de projets. Avant de devenir chargé de programmes, j’étais animateur et au vu de mon expérience pratique, quand l’occasion s’est présentée j’ai postulé et j’ai été retenu. Au fil des missions qui m’étaient confiées, il y a eu une montée en compétence grâce notamment à des formations données soit par des structures burkinabè ou des structures internationales. Cela me permet aujourd’hui donc de piloter des programmes et des projets qu’ils soient internes ou externes.

LeGF: Partage nous ton expérience de la formation dans les établissements supérieurs privés ?
DO : Concernant les établissements privés, c’est assez délicat dans le sens où il n’y a pas de gestion standard des universités. Les cours ne sont pas forcément délivrés de la même façon de même que l’accueil réservé aux étudiants. La rigueur qui est mise à l’intérieur de chaque établissement diffère d’une école à l’autre. Il m’est donc difficile de donner une tendance générale. Cependant, force est de noter que dans la majorité des établissements privés, les universités emploient les moyens nécessaires pour s’assurer qu’il y ait un rayonnement de l’université à l’extérieur. Et cela ne peut se faire sans le concours des étudiants. Une attention particulière est donnée donc pour s’assurer que les étudiants aient un certain minimum qui leur permettent de réussir et d’engranger un bon taux de succès scolaire

LeGF : Que retiens-tu de tes études dans la capitale burkinabè, Ouagadougou ?
DO : Ayant effectué toutes mes études au Burkina Faso particulièrement à Ouagadougou, je dirais qu’étudier dans cette ville c’est à la fois facile et compliquée. Pourquoi ? Parce que les gens sont plus ou moins agréables et vous pouvez facilement avoir une vie parascolaire super animée et des occasions pour réseauter.
Par contre pour ce qui est des cours, la pédagogie n’est pas forcément la meilleure dans les salles de classes. Certains enseignants se contentent de transmettre simplement leurs modules et ne s’inquiètent guère de comment vous l’assimiler. Il y a certes des professeurs excellents, mais bien souvent, l’étudiant est laissé à lui-même. Et c’est ce que je déplore des études à Ouagadougou.

LeGF : Au vu de ton parcours et de ton expérience, quel serait ton conseil aux plus jeunes que toi pour trouver une formation ?
DO : Pour trouver votre formation voici mon conseil : lancez vous dans un domaine que vous appréciez. Pour savoir ce que vous appréciez, le minimum c’est de pouvoir connaître les différents domaines qui existent. Renseignez vous sur le contenu des filières. Vous souhaitez étudier le Droit ? Cherchez à en connaître la définition déjà. Lorsqu’on parle d’économie de quoi est-il question ? Qu’est ce qu’il y a comme métiers,débouchés, ouvertures ? Et plus important encore est ce que cela est en cohésion avec votre personnalité, vos aspirations personnelles.
Si par exemple vous êtes doué dans les relations interpersonnelles, vous êtes un conciliateur, cherchez à savoir quel métier fait appel à ce talent. En fonction du métier, trouver les voies, les formations qui mènent à ce métier. A mon sens c’est la réflexion à avoir. Plutôt que de trouver la formation et ensuite choisir le métier à la fin, il faut d’abord trouver le métier et en fonction des métiers trouver les formations qui mènent à ce métier.

LeGF: Ce serait quoi ton conseil pour trouver et choisir une école ?
DO : Pour choisir la bonne école, il faut vous informer sur l’établissement. Tout comme pour la formation, il faut aller à la recherche de l’information. Aujourd’hui, il y a énormément de vitrines sur lesquelles vous pouvez retrouver ces informations (pages Facebook et sites web des écoles). Mais je vous invite surtout lorsque vous recherchez une école, à entrer en contact avec les étudiants actuels ou anciens de cet établissement. Ces derniers seront les réels baromètres qui vous permettront d’avoir les bonnes informations sur les universités auxquelles vous aspirez et les formations proposées.

En tant que jeune, on se doit de pouvoir apporter une valeur ajoutée et être des acteurs de changements positifs.

LeGF : Si tu avais une adresse à faire à notre jeunesse et plus particulièrement à nos jeunes frères et sœurs, que dirais-tu ?
DO : Au risque de me répéter, lorsque vous voulez choisir votre formation académique, votre futur métier, l’argent ne doit pas être votre première motivation. Le plus important c’est de penser à vos aspirations, à ce que vous aimeriez faire et qui vous rendrait heureux. Chercher d’abord à être épanouie dans un métier. Pourquoi ? Parce que de là vous pourrez exceller dans votre activité et monter facilement en compétence. Et lorsque vous arriverez à ce stade là, tous les avantages s’en suivront.

L’argent doit être une conséquence et non ce qui motive vos choix.

Et si vous ne savez pas comment trouver votre orientation professionnelle, n’hésitez surtout pas à découvrir la plateforme Le Grand frère sur laquelle vous retrouverez des ressources sur l’orientation mais également des informations et un répertoire des établissements et formations disponibles au Burkina Faso.

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  • Merci pour cette initiative. C’est un travail noble qui vise à orienter nos cadets. Militer dans une association est très important car l’importance du service, du volontariat dans une carrière est “un levier ” .
    Je vous encourage à continuer.

    Par ailleurs, je suis disposé à vous accompagner dans la formation .
    Je suis juriste, spécialiste en Gestion de Conflit et Construction de la Paix/ Certifié en maintien de la Paix et Resolution des Conflits internationaux [ UN POTI]
    Certifié en Prévention de la violence à l’égard des femmes et promouvoir l’égalité de genre dans les Opérations de Maintien de la Paix. [UN POTI]
    Certifié en Opérations de Secours humanitaire [ UN POTI]
    Certifié en sensibilisation citoyenne face à la menace terroriste [ Sécrétariat Général du Ministère de la Sécurité et de la Défense Française]

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